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Les agents pathogènes de la mammite chez les vaches : contagieux ou environnementaux ?

La mammite est toujours un invité indésirable dans votre élevage. Cela perturbe votre routine quotidienne car la vache malade doit être traitée et nécessite une attention particulière. La vache doit également être traite séparément. De plus, il y a toujours une incertitude quant à savoir si elle se rétablira complètement.

11-09-2020, dernière mise à jour le 07-01-2021
Mammite

Il n'est pas réaliste de penser que vous pouvez éliminer complètement les problèmes de mammites sur votre élevage. Cependant, vous pouvez mettre en place des actions ciblées pour réduire considérablement les cas de mammite. La première chose à faire est de réaliser une recherche bactériologique quant à la nature des agents pathogènes de la mammite dans votre troupeau - un processus simple qui peut être réalisé via un prélèvement de lait.

Parce qu'il y a toujours un risque de ne pas obtenir des données pertinentes ou de contaminer les échantillons, il est important de prélever suffisamment d'échantillons. Discutez des résultats avec votre vétérinaire : il vous dira si les résultats indiquent des agents pathogènes contagieux ou environnementaux.

Agents pathogènes à réservoir mammaire ou contagieux

Les agents pathogènes de la mammite contagieuse sont transmis de vache à vache pendant la traite, le plus souvent via la griffe qui transfère les bactéries et l’infection d’une vache à la suivante. La contamination peut également être transmise par les mains ou encore les lingettes de traite mal nettoyées ou non individuelles. Il est alors nécessaire de porter attention à la routine de traite, l'entretien de votre machine à traire, les protocoles d'hygiène et de traite. Streptococcus agalactiae (SAG) est un exemple d'agent pathogène extrêmement contagieux.

 

Agents pathogènes à réservoir environnemental

Les agents pathogènes de la mammite environnementale se trouvent principalement dans les bouses, le sol, l'eau et la litière. Les zones où les vaches passent le plus clair de leur temps (logettes/aire paillée et allées) sont les principales sources d'infection. Un autre risque d'infection est la saleté présente en dessous des jarrets et sur les pieds, pouvant entrer en contact avec la mamelle et les trayons lorsque la vache est couchée. Un équipement de traite non nettoyé et les zones humides ou boueuses dans les champs sont également des sources potentielles d'infection. Des signes visibles de boue ou de bouse sur n'importe quelle partie de la vache donnent une indication du potentiel d'infection. Toutefois, les bactéries étant invisibles, elles peuvent également être présentes en grand nombre dans une litière propre. Les vaches visuellement propres peuvent donc également se trouver dans une litière bactériologiquement contaminée, ce qui augmente le risque d'infection.

L'hygiène est la clé

L'hygiène du logement est très importante pour les vaches laitières, mais aussi pour les vaches taries et les génisses gestantes. Environ deux mois avant le vêlage, 60% des canaux des trayons des génisses gestantes sont « ouverts ». Il va sans dire qu'une bonne hygiène dans le logement des génisses joue donc un rôle important dans la prévention de la mammite. La situation est similaire pour les vaches taries : de nombreux cas de mammite en début de lactation sont causés par des infections, dus à des agents pathogènes environnementaux, qui surviennent pendant la période sèche.

Pour les vaches en lactation, il est important de veiller à protéger la mamelle avant la traite car les canaux des trayons s'ouvriront partiellement pendant que la vache attend d'être traite : cette ouverture partielle expose le canal du trayon à un risque d'infection causée par des éclaboussures de bouses sur le pis.

 

Gardez un œil sur la propreté de la logette

Selon la recherche, les bactéries préfèrent se reproduire dans des conditions humides et chaudes. Par conséquent, il est très important de s'assurer que toute la litière reste aussi sèche que possible. Les matières organiques, telles que la sciure, la paille et le compost, sont utilisées par les bactéries comme milieu de croissance, en particulier lorsque ces matières sont contaminées par un excès de lait provenant de la mamelle. La croissance bactérienne est la plus rapide dans du compost, suivi de la paille, des copeaux de bois dur, de la sciure blanche et enfin de la pâte à papier. Les résineux (par exemple le pin et le sapin) contiennent plus de substances résineuses, qui inhibent quelque peu la croissance bactérienne et conviennent donc mieux que le bois dur ou le chêne.

La bactérie E. coli est l'un des agents pathogènes environnementaux les plus importants. Pratiquement toutes les infections des mamelles par E. coli proviennent de l'environnement. Les bouses sont riches en E. coli, il y a donc de fortes chances que les trayons entrent en contact avec E. coli dans la logette ou l’aire paillée, surtout si l'hygiène n'est pas optimale.

 

Agents pathogènes à réservoir à la fois contagieux et environnementaux

Certaines bactéries peuvent se trouver dans des réservoirs à la fois contagieuses et environnementales dans une certaine mesure. Des exemples de ceux-ci sont Staphylococcus aureus et Streptococcus dysgalactiae. Il conviendra alors de prendre des mesures d’hygiène aussi bien au niveau de la traite qu’au niveau de la litière.

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Arnout Dekker
Arnout Dekker
Arnout Dekker est le responsable Marketing Europe de Phibro et possède 7 ans d'expérience en tant que vétérinaire. Il est passionné par les vaches, le conseil en élevage et le management de troupeau. Ce qui le motive le plus est d’appuyer les éleveurs avec des conseils et des produits scientifiquement prouvés pour garder leurs vaches en bonne santé, produire mieux, être plus rentables et plus durables.

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